2014-2018

De noirs corbeaux infectent le lavis grisâtre

En auréole de la guerre au ciel mouillé

Mille larves d'eau grouillent dans la tranchée saumâtre

Echelle horizontale aux murs de chair souillés.

Soudain un cri déchire l'humidité blafarde

Envahit le silence de la voûte brumeuse.

Les taches nègres s'effilent et tracent des lézardes

S'évanouissent enfin dans la lumière poisseuse.

Un être rampe, se hisse sur la berge pâteuse

Encrasse d'argile et de sang sa bouche canon.

Tous l'imitent, vomissant leur âme belliqueuse

Et dressent une haie d'armes mortes sur l'horizon.

Enfin en ondulations grasses et lourdes

La colonne s'ébranle comme une vague sourde

Et déferle sur la plaine qui portait l'Etat

Des gouvernants, des militaires et des prélats.

Les regards saillants percent les dernières brumes

Un silence grave et lourd fait vibrer la terre

Comme des contrebasses aphones, de concert,

Les hommes contemplent l'Avenir qui s'allume.

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